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Les travailleuses du sexe pendant la pandémie

La crise du Covid-19 n’a épargné aucun secteur d’activités, y compris le travail du sexe qui est également compromis pour de nombreux travailleurs. Faute d’aides gouvernementales, certains n’ont d’autre choix que de poursuivre leurs activités malgré les risques de contagion inhérents à leur métier. Endettements, absence de revenus… Les travailleuses et travailleurs du sexe (TDS) se retrouvent dans une extrême précarité suite au coronavirus. Zoom sur leur situation pendant cette pandémie.

Boom de l’escorting durant la pandémie

Avec toutes les restrictions imposées par le gouvernement à cause de cette pandémie, dont la fermeture des bars, des hôtels et des salons de massage, le couvre-feu, etc., les travailleuses du sexe (TDS), particulièrement celles qui exercent la prostitution de rue, ont accusé une forte baisse de leur clientèle ; certaines se sont même retrouvées sans revenu du jour au lendemain.

Nombreuses sont les prostituées qui se sont tournées vers l’escorting et n’hésitent pas à s’inscrire sur des sites spécialisés tels que https://www.bemygirl.ch/fr/escorts/geneve, un volet de l’industrie du sexe qui connaît un franc succès durant le confinement. D’une part, le décret concernant les mesures « barrières » ne s’applique pas au domicile et donne donc un avantage certain à l’une des formes de prostitution qu’est l’escorting ; d’autre part, c’est l’un des rares moyens pour certains clients de la prostitution d’avoir un peu de compagnie durant la période de confinement, avec ou sans relations sexuelles.

Conditions de travail difficiles

Les personnes prostituées n’ont pas droit au chômage partiel, ni à l’arrêt maladie, ni aux congés payés, ni aux aides pour les travailleurs indépendants. En général, aucune forme de revenu de substitution n’a été accordée aux TDS, aucune reconnaissance non plus pour le syndicat du travail du sexe ainsi que les associations communautaires des travailleurs et travailleuses du sexe, qui d’ailleurs sont traités de proxénètes. En France, seules celles qui suivent un parcours de sortie de la prostitution selon la loi de 2016, bénéficient d’une aide financière bien maigre.

Par ailleurs, l’entrée en vigueur de la loi de 2016 qui lutte contre la prostitution a, selon les syndicats et associations de terrain tels que le Strass (Syndicat du Travail Sexuel) et Médecins du Monde, aggravé la situation des TDS tant au niveau de leur sécurité, de leur santé physique et santé sexuelle qu’au niveau de leur stigmatisation, de leurs conditions de vie et travail. À cause de la pénalisation du client, les prostituées n’ont plus autant de pouvoir de négociation dans la relation avec les clients qui prennent, selon ceux-ci, des risques énormes en achetant les services d’une prostituée qui fait du racolage.

En outre, depuis l’approbation de cette loi qui a pour but d’abolir la prostitution, le commerce du sexe est confronté à l’agression sexuelle et à la violence souvent mortelle contre les femmes prostituées. La situation est notamment grave pour les prostituées étrangères, migrantes et sans-papiers qui logent dans des chambres d’hôtel et se les partagent, car la prolongation de la trêve hivernale n’est pas valable.

Sortir de ce système d’exploitation sexuelle et se tourner vers un autre emploi bien différent du travail sexuel n’est pas chose aisée. Le stress d’être découverte par leur nouvel employeur ou encore le fait de devoir repousser les proxénètes de leur ancienne vie ainsi que les avances des anciens clients font partie du lot quotidien des travailleurs et travailleuses du sexe qui ont changé de voie.

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